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    Rosana Matecki favorise un cinéma documentaire poétique

    28 septembre 2021, 07h00
         |      Article rédigé par Frédéric Bouchard.

    Réalisatrice qui oeuvre en documentaire depuis trois décennies, Rosana Matecki est revenue, pour son plus récent projet, au format du court métrage. Après deux longs, « Algo pasó en el alma » et « Los Viejos », elle a proposé à l’Office national du film « Saturday Night », dans le cadre de son programme Reimagining my Québec, une idée de film centrée autour du thème de la solitude et des communautés latino-américaines à Montréal. Trois ans plus tard, la cinéaste d’origine vénézuélienne se voit sélectionnée au Toronto International Film Festival (TIFF) avec cette oeuvre dont elle assure elle-même la narration.

    Rosana Matecki favorise un cinéma documentaire poétique Rosana Matecki.Photo: Fernando Bracho-Bracho

    Originalement, la documentariste voulait s’intéresser à un personnage vivant dans la ville de Québec. Finalement, les complications de la distance l’ont ramenée vers son propre quartier, le Plateau Mont-Royal à Montréal. Très sensible au terme « immigrant.e », la réalisatrice confie ne pas se sentir comme telle lorsqu’elle vit dans la métropole. Toutefois, elle s’interroge beaucoup sur le sentiment de solitude, alors qu’au Venezuela, par exemple, la vie est plus communautaire.

    « Je n’avais pas plongé mon regard sur des personnages canadiens, explique en entrevue la cinéaste établie au Canada depuis 25 ans. C’était l’occasion de regarder mon chez-moi et d’avoir un discours avec des histoires qui se passent ici. »

    Elle fait alors la rencontre de Magaly Zuleta, une préposée dans une épicerie qui la sert à chaque visite. Un jour, au moment de passer à la caisse, elle se décide à l’inviter à danser le tango. « Sa réponse a fait en sorte qu’elle est devenue un personnage : elle a accepté ma proposition de manière très latino-américaine, sans penser que je la draguais ou quoi que ce soit », raconte-t-elle. Cette femme dans la cinquantaine la remercie de l’avoir remarquée, car tous les jours elle se sent invisible.

    À l’opposé, la rencontre avec son second protagoniste, Juan C. Raggo, s’est faite grâce aux réseaux sociaux. Peintre et danseur, il devient la porte d’entrée de la réalisatrice vers le salon de danse sur la rue Saint-Hubert où elle filme son documentaire. « Je voulais une salle colorée, plus underground, où lorsqu’on entre, on est transformé », rapporte Rosana Matecki.

    « Saturday Night » Photo : ONF

    Décrit comme un essai documentaire, « Saturday Night » est parfaitement représentatif de la manière dont la documentariste aborde le cinéma. Abordant la structure de ses films comme de la fiction, elle refuse tout cinéma direct. « Bien sûr, en documentaire, il y a des choses imprévues, mais elles sont contrôlées, explique-t-elle. C’est-à-dire qu’on arrête, on regarde et on fait une mise en scène ou un parcours pour offrir un moment poétique ou artistique. »

    Elle reconnaît que cette démarche peut se révéler très exigeante au point de vue technique, car c’est l’émotion, le sentiment qui définit la scène qu’elle veut tourner. Et la cinéaste n’a aucunement peur de repenser complètement une prise de vues selon le réel qui se déploie sous ses yeux. Elle cite à titre d’exemple une fuite d’eau provenant du plafond qui s’est matérialisée un matin au studio de danse. « Avec ma productrice Kat Baulu, nous avons cliqué : il y avait une résonnance émotionnelle, mentionne-t-elle. On se trouvait chanceux, mais l’équipe paniquait. » Le tournage a duré trois jours.

    De retour au long métrage

    À la suite de « Saturday Night » et de « Life of a Dog », un court métrage coréalisé avec Danae Elon pendant la pandémie, Rosana Matecki retourne à « Casas Muertas », un projet de long métrage qu’elle prépare depuis 2016. Au moment de notre discussion avec elle, la cinéaste revenait justement d’un tournage au Venezuela. Film métaphorique et politique, ce documentaire s’intéresse à trois personnages de générations différentes, représentant l’exode de plus de 6 millions de résidents partis parfois sans rien vers d’autres territoires. L’une d’entre elles a vu sa demeure être enterrée durant les années 1980. Un autre, un garçon de 22 ans, barbier, souhaite fuir le pays. Et le troisième garde la maison de propriétaires qui ont tout laissé derrière eux. « À travers trois maisons "mortes", on raconte la tragédie du pays », résume la cinéaste qui a réalisé des prises de vue sous-marines pour ce projet. C’est important, en parlant du local, de toujours créer des histoires universelles. »

    Le projet a été appuyé par le Conseil des arts du Canada, le Conseil des arts et des lettres du Québec, le programme Ibermedia, le IDFA Bertha Fund Classic et le ICCA (Équateur). Ce quatrième long métrage documentaire, produit par la documentariste via son entreprise Productions kiiskakuna, est une coproduction de Claudia Lepage, la société équatorienne OchoyMedio Producciones et une boîte allemande. Avec un autre tournage à venir, Rosana Matecki espère que son montage final soit prêt pour janvier 2023.

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