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    FIFA Connexions : David Combe s’intéresse au journalisme culturel de demain David Combe. Photo: Courtoisie

    FIFA Connexions : David Combe s’intéresse au journalisme culturel de demain

    15 mars 2024, 03h00
         |      Article rédigé par Sophie Bernard     

    Né dans la région parisienne, David Combe a fait des études à l’Université de Nanterre, reconnue pour être historiquement de gauche, où il étudie les sciences politiques, mais surtout l’ethnologie, ce qui va changer sa façon de voir les choses. Il débute sa carrière de journaliste à Paris Première, alors une des premières chaînes privées, puis passe par TV5, TF1 – l’équivalent français de TVA – pour atterir, en 2001, chez ARTE, la chaîne culturelle franco-allemande où il codirigera, avec Jean-Marc Barbieux, l’émission « Tracks ».

    En 2022, les 11 employés qui travaillaient pour ARTE perdent d’un coup leur emploi. Ensemble, ils décident de lancer un nouveau média en septembre 2023, Spark. « Nous voulons aborder les cultures hors norme et la chaîne est diffusée principalement sur Internet, soit YouTube, Instagram et Twitch, précise David Combe. Nous verrons pour la suite. Nous avons réalisé une campagne de sociofinancement qui a atteint ses objectifs, ce qui nous a permis d’offrir une première saison de Spark. » Ce jeune média veut aborder les cultures de façon différente, avec un modèle d’affaires où n’interviennent ni les boîtes de production ni les télédiffuseurs, offrant son contenu directement au public. De plus, les fondateurs ont adopté un système de gestion collective, sans patron, une organisation horizontale.

    Fort de toutes ces expériences, David Combe a beaucoup réfléchi au journalisme et au journalisme culturel en particulier. Il sera d’ailleurs de passage à FIFA Connexions pour animer une discussion sur le futur du journalisme culturel avec Ralph Elawani, journaliste et écrivain, collaborateur au Devoir depuis 2016, le mardi 19 mars de 12 h 30 à 14 h à l’Espace ONF de l’Office national du film du Canada.

    « Si on prend mon cas, on peut dire que le journaliste culturel se porte à la fois mal et bien, raconte-t-il. Mal parce que nous avons été virés d’ARTE et bien puisque nous avons lancé Spark. En France, il faut différencier ce qui se passe dans les médias traditionnels, presse, télévision ou radio, et ce qui se passe sur le Web. La France est l’un des pays qui comptent le plus grand nombre de titres de presse, magazines et journaux, même s’ils ne sont pas tous distribués à de nombreux exemplaires. Or, on assiste à un décrochage évident aujourd’hui, car la réalité qu’incarnent ces médias ne s’avère pas celle que vit la population connectée. »

    Et lorsque les grands médias vont sur le Web, ils le font avec leurs préjugés et leur culture, choisissant des sujets « pute à clics » plutôt que du vrai journalisme selon David Combe. Il croit qu’il s’agit d’une évidence flagrante puisque même ARTE a été touchée. Aujourd’hui, les médias deviennent des entreprises - ce qui est normal puisqu’ils doivent vivre - au lieu d’être des instances d’information. « Un glissement est en train de s’opérer, estime le journaliste. Les médias traditionnels veulent fournir aux gens ce qu’ils désirent, ce qui est très embarrassant. Et quand ils font du journalisme, et plus encore du journalisme culturel, ils ne parlent qu’à un public plus âgé. Les médias émergents sur le Web ont, pour leur part, pris le pli rapidement de parler au reste de la population. »

    David Combe pense que le journalisme culturel est le pivot de la société, d’autant plus que nous allons vers une société fragmentée, avec ceux qui consomment les médias traditionnels et ceux qui ont les moyens de se nourrir d’un autre type d’information grâce aux réseaux sociaux. Et il met en garde : il ne faut pas mettre tous les réseaux sociaux dans le même panier, dit-il. « Les réseaux sociaux demeurent très intrusifs, note-t-il. Avant, la télé était une fenêtre sur le monde qu’on pouvait fermer. Sur Instagram, le temps de lecture ne dure que cinq secondes ; les gens n’y vont pas pour s’informer. Sur YouTube, oui, il y a une possibilité de garder les gens beaucoup plus longtemps. Il faut, chaque fois, adapter son offre au mode de consommation et pas à ce que les gens veulent entendre. » La réflexion est d’autant plus pertinente que des réseaux sociaux seront appelés à disparaître et d’autres à naître.

    Lors de sa discussion avec Ralph Elawani, David Combe souhaite soulever quelques enjeux du journalisme culturel de demain, se refusant toutefois à émettre des prédictions. Tout d’abord, il veut aborder la place que prend de plus en plus la culture dans notre vie et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’on la marchandise autant. Elle crée aussi des liens. « Deuxièmement, c’est dans la culture aujourd’hui plus qu’ailleurs que s’écrit le futur, parce que les autres espaces ont été confisqués par des experts, avance David Combe. Et troisièmement, la grande révolution Internet permet à tout le monde de se croire journaliste. » Il compare la situation aux fanzines, mais à la puissance 1 000. Un nouveau rapport se développe entre le journaliste et le public. On se débarrasse des parasites que sont les boîtes de production et les télédiffuseurs, ces derniers étant devenus des gestionnaires de stock. Internet peut les court-circuiter. David Combe donne en exemple Thinkerview, un média qui se permet de proposer des entrevues de 3 heures entièrement financées par les internautes, sans publicité et qui se veut totalement libre. « Le champ des possibles s’ouvre davantage au journalisme culturel », conclut-il.

    David Combe a réalisé, avec Mina Angela Naskova Ighnatova, le documentaire « Crash Test », qui plonge dans le parcours controversé de l’artiste russe Pyotr Pavlensky, dont les oeuvres impliquent souvent la nudité et l’automutilation, comme dans « Suture », alors qu’il se coud les lèvres, en soutien aux Pussy Riot (2012) ou encore « Fixation », dans laquelle il cloue son scrotum sur les pavés devant le mausolée de Lénine, sur la place Rouge à Moscou. La projection se déroulera le 16 mars 2024 à l’Université Concordia–J.A. de Sève, à Montréal, à partir de 20 h et David Combe sera présent ensuite pour discuter du film.

    La discussion sur le futur du journalisme culturel avec David Combe et Ralph Elawani est présentée en partenariat avec le Consulat générale de France à Québec et La Presse.

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