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    Marie Beaulieu reçoit le Prix Acfas Thérèse Gouin-Décarie pour ses travaux en gérontologie

    13 décembre 2021, 10h00

    La professeure-chercheuse en service social Marie Beaulieu a récemment reçu le Prix Acfas Thérèse Gouin-Décarie afin de souligner son excellence et le rayonnement de ses travaux et de ses actions dans le domaine des sciences sociales.

    Marie Beaulieu reçoit le Prix Acfas Thérèse Gouin-Décarie pour ses travaux en gérontologie Marie Beaulieu.Photo: UdeS - Michel Caron

    Ce prix, créé en 1975 sous le nom de Marcel-Vincent, honore depuis 2013 Thérèse Gouin-Décarie, chercheuse en psychologie et pionnière scientifique. C’est la première fois qu’un membre de la communauté universitaire de l’Université de Sherbrooke reçoit ce prix.

    Judicieusement décrite par ses pairs comme une gérontologue d’inspiration critique, la professeure Beaulieu travaille depuis 35 ans à sortir de l’invisibilité sociale les personnes âgées en situation de maltraitance. Au cours des 24 derniers mois, elle a participé à trois importants écrits sur des faits issus de l’actualité récente, c’est-à-dire un mémoire portant sur la maltraitance en CHSLD en contexte de COVID-19, un second mémoire sur la révision sur la loi sur le signalement de la maltraitance et une enquête sur la maltraitance envers les personnes aînées vivant à domicile.

    À la rencontre de la professeure Beaulieu en 5 questions

    1. Quand avez-vous commencé à vous intéresser à la gérontologie et pourquoi ?

    En 1986-1987. Je suis alors professionnelle de recherche au Centre international de criminologie comparée (CICC) à l’Université de Montréal. Je travaille d’abord sur une enquête sur le sentiment de sécurité des Canadiens dans les grandes villes du pays. Il ressort clairement des résultats que les personnes aînées diffèrent des autres en de nombreux points. En résumé, elles sont moins victimes, mais plus insécurisées : voilà le paradoxe des personnes aînées face au crime.

    Cette situation pique ma curiosité et me conduira plus tard à vouloir comprendre les diverses facettes biopsychosociales du vieillissement, quête que je porte toujours près de 35 ans plus tard.

    Un second projet de recherche, démarré durant la même période, ancre mon intérêt dans le domaine du vieillissement. Madame Thérèse Lavoie-Roux, alors ministre de la Santé et des Services sociaux, crée un premier Comité sur les abus exercés à l’endroit des personnes âgées. Déjà visionnaire, elle regroupe divers experts de la société québécoise en son comité, dont un juriste (Patrick Molinari), une communicatrice publique (Marguerite Blais, qui deviendra en 2007 la première ministre responsable des aînés à temps plein), une victimologue (Micheline Baril), entre autres. Devant la pauvreté d’informations accessibles au Québec, Micheline Baril, chercheuse au CICC, se voit confier la tâche de documenter le phénomène de la maltraitance envers les personnes aînées en résidences. En tant que professionnelle de recherche, je sillonne divers milieux pour aînés pour leur donner la parole.

    C’est le coup de coeur assuré que de donner la voix et d’entendre ces aînés poser en leurs mots le problème des abus, que l’on nomme maintenant le problème de la maltraitance.

    2. Quels sont les travaux qui vous ont le plus passionnée durant votre carrière ?

    Difficile de donner une seule réponse à une si vaste question qui invite à une rétrospective sur quelques décennies ! J’ai eu la chance de couvrir plusieurs aspects de la lutte contre la maltraitance.

    En 30 ans de carrière, j’ai obtenu une soixantaine de subventions comme première chercheuse (près de 6 M$) et une cinquantaine en tant que cochercheuse, collaboratrice ou experte (près de 14 M$) en provenance d’organismes subventionnaires du Québec et du Canada, de ministères ou de fondations. J’ai écrit plus de 400 productions, prononcé près de 450 conférences sur invitation et 410 exposés scientifiques.

    Mes projets de recherche m’ont ainsi amenée à côtoyer divers publics. J’ai été portée par le désir de travailler avec et pour les aînés, de leur donner la parole, de les sortir d’une certaine invisibilité. Encore aujourd’hui, je considère que mes rencontres avec les aînés sont des moments d’échange privilégiés. Je suis actuellement en collecte de données dans un projet sur les effets de la COVID-19, et les propos des octogénaires et nonagénaires rencontrés résonnent en moi pendant plusieurs jours.

    La carrière en sciences sociales, telle que je l’ai vécue, est remplie de rebondissements. Bien que je planifie mon travail, je ne sais jamais quelle actualité va occuper le devant de la scène, quel texte éveillera mon intérêt, quelle correction d’un travail d’étudiante ou d’étudiant me fera réfléchir, quel acteur social m’interpellera.

    Bref, ma passion se construit sur la certitude de l’absence de monotonie intellectuelle, le plaisir d’apprendre, de rester à l’affût, de dialoguer, de réfléchir, de remettre en question, de douter, d’accompagner, de proposer, de m’engager dans des actions scientifiques et sociales.

    3. Pourquoi la gérontologie est importante pour notre société ?

    Le terme gérontologie a été développé par Metchnikoff en 1903. En 1908, ce dernier affirmait : « Je crois qu’il est hautement probable que l’étude scientifique du grand âge et de la mort, deux branches des sciences que l’on peut appeler la gérontologie et la thanatologie, vont apporter de grandes modifications au déroulement de la dernière période de la vie » (traduction libre). Aujourd’hui, la gérontologie se conçoit comme une métadiscipline englobant les divers aspects du vieillissement (qui commence bien avant le fait de franchir le pseudo seuil de l’âge avancé), que ces derniers soient physiologiques, psychologiques ou sociaux. La vastitude de ces sujets d’études n’a de limites que la pensée des chercheurs et des divers acteurs.

    Dans un contexte planétairement reconnu par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), d’augmentation de l’espérance de vie et de poids démographique accru des aînés, il va sans dire que la gérontologie est importante en raison de la hausse de la proportion d’aînés au sein des sociétés. D’autant que, selon l’OMS, le prolongement de l’espérance de vie ne s’est pas conjugué à une meilleure espérance de vie en santé.

    On doit se poser une question d’importance : alors que nous avons ajouté des années à la vie, avons-nous majoré la qualité de vie au grand âge ?

    D’autres questions se posent en observant les diverses générations qui constituent ce qui est appelé le groupe des aînés, soit les 60-65 ans et plus, un groupe diversifié qui inclut un nombre grandissant de centenaires. Comment s’affranchir d’une analyse qui les considère comme un bloc homogène ? Comment valoriser l’apport et la contribution des aînés à chacune des étapes de leur avance en âge ? Il y a tant à faire…

    Nous faisons nôtres les priorités de l’OMS quant à sa Décennie pour le vieillissement en bonne santé (2020-2030) soit, l’importance de développer des collectivités amies des aînés, de consolider les réseaux intégrés de services, de penser autrement les soins de longue durée pour les aînés en ayant besoin et, par-dessus tout, de combattre l’âgisme. Ce sont là d’importants déterminants sociaux de la santé sur lesquels nous pouvons agir. C’est notre présent, c’est notre avenir…

    4. Est-ce que la situation de nos aînés au Québec est précaire ?

    Cette question, en tout temps pertinente, a pris un sens accru en période de COVID-19 où le discours public et médiatique a mis l’accent sur la fragilité des aînés, leur immunosénescence, etc.

    Plusieurs ont alors associé rapidement l’avancée en âge et la précarité, allant jusqu’à voir tous les gens de 60 ans et plus comme des adultes à protéger… Cela a été très dommageable. Pourtant ce n’est qu’une facette du paysage.

    Nous avons la chance de vivre dans un état où sont mis en place un régime de pension public, un système de santé universel, des programmes spécifiques destinés aux aînés, des politiques publiques qui ciblent leur mieux-être. Nous sommes aussi très bien pourvus en diverses associations d’aînés qui militent pour la défense des droits des personnes aînées et le rehaussement des divers programmes qui les concernent.

    Néanmoins, en se plaçant dans une perspective d’amélioration continue, la situation des aînés appelle des changements ou des bonifications en matière de logement, d’indexation des revenus et d’intégration sociale. La lutte contre l’exclusion des aînés, ou de certains aînés à certains moments de leur vie, reste une visée d’importance. La protection de ceux qui ont besoin de l’être aussi.

    Et que dire de l’importance d’une conception où les personnes aînées sont d’abord des citoyennes et citoyens ayant des droits en tant qu’adultes capables de s’autodéterminer, jusqu’à preuve du contraire.

    5. Quel avenir entrevoyez-vous pour la recherche en gérontologie ?

    De façon générale, l’avenir de la recherche en gérontologie va permettre de relever de nombreux défis et de répondre à une pléthore de besoins.

    Se pencher sur le vieillissement, c’est se préoccuper de son avenir individuel et collectif. Ne perdons pas de vue que, à moins d’un accident de parcours, nous serons tous un jour aîné.

    Tout un chacun portera le poids ou les acquis de son parcours singulier, dans un contexte sociohistorique donné. La recherche la plus porteuse en gérontologie se fait maintenant avec les personnes aînées et non uniquement pour eux. Cela nous engage à penser les projets, les mener et les diffuser de façon partenariale. Cette rencontre des générations porte en son sein des changements sociaux.

    Plus spécifiquement en lien avec mon domaine de recherche, soit la lutte contre la maltraitance envers les personnes aînées, j’entrevois de nombreuses perspectives. Les récents travaux dans lesquels je suis engagée avec l’OMS m’amènent à constater à quel point, encore aujourd’hui, on dispose mondialement de peu de travaux validés quant aux effets des pratiques de prévention de la maltraitance, de son repérage, des actions d’intervention et de suivi auprès des personnes aînées maltraitées et des personnes ou organisations qui les maltraitent.

    Si j’avais accès à un financement illimité de recherche, je mettrais sur pied un vaste programme de recherche évaluative afin de tester différentes pratiques en vue de comprendre quels éléments précis ont des effets et lesquels n’en ont pas afin de contrer la maltraitance et ses conséquences délétères tant pour les aînés, pour leurs proches que pour les systèmes.

    Ce programme de recherche-action permettrait de suggérer des pratiques culturellement sensibles au gouvernement du Québec et à divers organismes afin de structurer efficacement notre réponse au problème social et de santé publique qu’est la maltraitance. Cette programmation de recherche comprendrait des travaux sur les maltraitances survenant tant dans le cadre de dynamiques interpersonnelles qu’organisationnelles ou systémiques.

    À propos de la lauréate

    Marie Beaulieu est professeure-chercheuse à la Faculté des lettres et sciences humaines et au Centre de recherche sur le vieillissement du CIUSSS de l’Estrie - CHUS (CdRV) et titulaire de la Chaire de recherche sur la maltraitance envers les personnes aînées. Ses recherches portent notamment sur la maltraitance envers les personnes aînées, la victimisation et l’insécurité des aînés ainsi que leur participation sociale.

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