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    [PODCAST] Orphée Okito explique la vision derrière « Wele Kuaku »

    28 octobre 2021, 07h11
         |      Article rédigé par Lyota Bonyeme.

    En entrevue avec Le Lien MULTIMÉDIA, Orphée Lutula Okito a expliqué le processus créatif derrière la chanson titre du nouvel album de la chanteuse camerounaise VEEBY, intitulée « Zandj. » Le clip de « Wele Kuaku » est né de la vision commune des deux artistes. On peut écouter l’intégralité de cet échange avec Orphée Lutula Okito ci-dessous.

    [PODCAST] Orphée Okito explique la vision derrière « Wele Kuaku » Orphée Okito a produit le clip «Wele Kuaku» de la chanteuse VEEBY.Photo: Orphée Lutula Okito

    « Wele Kuaku » est le deuxième projet que le duo a réalisé. En 2012, Orphée Lutula Okito, anciennement connu sous le nom de Mr. Axnt, membre du duo G.NAX avec sa partenaire Sherley Gene, avait écrit et réalisé le premier extrait officiel de VEEBY, « Go ».

    « J’avais tellement aimé comment on se comprenait dans la production et dans la création, lors du tournage du clip "Go", il y a 10 ans, explique VEEBY, que lorsque je l’ai appelé il y a un an, je lui ai dit "Orphée, je sais c’est quoi le single de mon prochain album et c’est toi qui va produire le clip. Et je vais le faire avec personne d’autre !" »

    À l’époque, le photographe était en visite dans son pays d’origine en République démocratique du Congo (RDC) et séjournait dans la ville de Kinshasa ; mais Orphée Okito était impatient de répondre à l’appel de la chanteuse et, après avoir entendu sa vision, les deux se sont rapidement mis au travail.

    Officiellement sorti sur les plateformes en flux (streaming) le 15 octobre, le simple « Wele Kuaku » est une reprise par la chanteuse afrosoul d’une chanson de Fredy Massamba, que l’artiste considère comme une « icône de l’afrosoul africaine et congolaise ». Elle s’estime chanceuse d’avoir eu la chance de reprendre son titre. La chanteuse se souvient avoir entendu pour la première fois « Wele Kuaku », il y a une dizaine d’années, après une rupture amoureuse particulièrement douloureuse.

    « La chanson m’est arrivée à un moment très difficile dans ma vie, raconte VEEBY. La chanson m’a tellement parlé. Elle avait une puissance et une énergie d’apaisement, mais aussi une colère en même temps, et c’était des émotions tellement paradoxales que je vivais à ce moment-là, car j’étais à la fois très en colère et apaisée par la décision que j’avais prise de me séparer à l’époque. Et, poursuit-elle, même si je ne comprenais pas les paroles, je savais juste qu’il y avait quelque chose qui me connectait avec la chanson. »

    Ce n’est que quelques mois après cette première écoute qu’elle a eu l’occasion de rencontrer Fredy Massamba pour parler de la chanson. « Il m’a expliqué les paroles, et les bras m’ont tombé. Bien que je n’aie pas été en mesure de comprendre les paroles, la chanson décrivait exactement ce que je venais de vivre. C’était comme si la chanson avait parlé à ma mémoire sensorielle ou à mon ADN, ou qu’il y avait eu une sorte de connexion cosmique. Je ne l’ai pas entendue de manière phonétique ou linguistique, mais elle a parlé à mon esprit. »

    Pourtant, il a fallu à la chanteuse de nombreuses années pour chanter la chanson comme elle le souhaitait. « J’étais tellement en colère la première fois que je l’ai entendue. Il m’a fallu 10 ans pour la chanter comme je le voulais. Mais, dès la première fois, j’ai su que si je faisais un autre album, je rendrais hommage à cette chanson. »

    La décision de confier la réalisation du clip à Orphée Lutula Okito est également liée aux origines de ce dernier. Étant lui-même congolais, le photographe comprend les paroles de la chanson interprétée par la chanteuse camerounaise en Kikongo, langue endémique de la RDC. La vision du clip s’est formée de manière organique auprès des deux artistes peu après leur appel.

    « Je n’impose pas mes idées, dit Orphée Lutula Okito, mais je peux donner une autre direction si nécessaire. Dans ce cas, VEEBY avait une idée. Elle m’a donné sa vision de ce qu’elle voulait. J’ai proposé un mood board et on s’est rencontrés à plusieurs reprises. Puis j’ai rassemblé une équipe et c’est là que tout a commencé. »

    Parmi les vidéos qui ont inspiré le duo figure le clip emblématique de D’Angelo pour le simple « Untitled. » Tout comme dans la vidéo de l’auteur-compositeur-interprète américain, le duo a voulu se dépouiller de l’excès pour se concentrer uniquement sur la chanteuse. « Le clip consiste en 4 plans, et sur chaque plan, je ne bouge pas beaucoup. On se concentre sur tout ce qu’il y a autour et tout ce qu’il n’y a pas aussi, ajoute VEEBY. Les gens sont obligés de se concentrer sur moi. Il n’y a pas d’autre distraction. »

    VEEBY attribue l’idée du clip à Orphée Okito. « Quand on s’est assis, il m’a dit "moi, je vois quelque chose de puissant dans l’image et je veux que les gens se concentrent sur ta voix. Je ne veux pas qu’il y ait un scénario élaboré qui détourne l’attention de ton image et de ta voix." » Lorsqu’il entend cela, le photographe rit : « La raison pour laquelle je voulais faire cela pour elle, c’est parce que je pense que VEEBY est une grande dame, donc je voulais une esthétique qui capture cela. Je voulais que ça rappelle ces grandes peintures, que ça ait une allure photographique. Donc j’ai cadré chaque plan comme si c’était une peinture. »

    « Chaque plan est comme une vieille photo, rajoute VEEBY. C’est comme si vous regardiez un album photos et que vous parliez d’une situation que vous avez vécue avec quelqu’un en lui montrant ces images de la personne que vous étiez à l’époque et de la personne que vous êtes devenue. »

    Le clip a été tourné à la Galerie Mushagalusa - Afromusée à Montréal et met en scène le mannequin Ngemba Mpondani. VEEBY dit avoir personnellement supervisé la direction artistique de sa garde-robe et son maquillage. « Je voulais refléter le côté afro. Je voulais que les coiffures, les vêtements et les accessoires soient très africains, mais je voulais aussi souligner le fait qu’une fois que tu es apaisée, tu es belle. Il était donc important pour moi qu’il n’y ait rien de triste dans le clip. Je voulais montrer que je suis fière d’avoir surmonté cette douleur, que ma vie n’est plus ce qu’elle était il y a dix ans, et qu’au-delà de toute cette souffrance et de toute cette haine issues de cette rupture, il y a cette beauté que l’on peut atteindre si on se relève et si on reste fort. »

    En grande partie, le clip est tourné avec une seule lumière. Cela, révèle Orphée Okito, est dû à l’approche du photographe dans l’éclairage en studio des modèles noirs. « Je n’utilise qu’une seule lumière, d’abord parce que je ne pense pas qu’il en faille plus d’une, mais aussi parce que je pense que le fait d’avoir une grande source d’éclairage, par opposition à plusieurs lumières espacées, est plus flatteur pour les tons de peau foncés. C’est juste mon style. »

    Le photographe conseille également que la « règle d’or » dans l’éclairage de sujets racisés est que « plus la source de lumière est grande par rapport au sujet, plus l’éclairage est doux et plus la peau a l’air lumineuse. Ce que les gens ont tendance à faire, poursuit-il, c’est de garder la lumière trop loin du sujet, ce qui rend la lumière plus piquée et moins flatteuse pour les tons de peau foncés. Plus la source de lumière est grande, mieux c’est. »

    Et s’il y a bien une chose dont le photographe veut qu’on se souvienne, c’est de la façon dont il éclaire ses sujets. « À l’avenir, je veux que les gens sachent que quelque chose a été fait par moi simplement en regardant le travail et la façon dont j’éclaire mes sujets — c’est ainsi qu’ils reconnaîtront ma signature. »

    Dans l’ensemble, VEEBY est très fiere du vidéoclip : « Moi, je trouve qu’Orphée a fait un travail incroyable. Il a vraiment rendu l’idée de base. » De son côté, Orphée Okito semble également satisfait du produit final. Le photographe, qui confie être « spontané lorsqu’il s’agit d’idées, et ne planifier que ce qui doit être planifié », se définit comme quelqu’un qui « va avec le flot » et ajoute que s’il ne peut pas dire avec certitude ce qui a inspiré sa vision, il peut cependant affirmer qu’il en avait bien une, et qu’il en est venu à réaliser avec succès.

    Le nouvel album de VEEBY, « Zandj », sortira le 29 octobre. Bien que la chanson « Wele Kuaku » parle d’une rupture amoureuse, les deux artistes ont choisi de terminer leurs entrevues respectives sur une note d’amour et d’aspiration. « J’invite les gens à vraiment écouter "Wele Kuaku" avec leur coeur, dit VEEBY. La langue est ce qui nous définit, mais nous devons aller au-delà pour écouter avec notre coeur. Soyez ouverts à ce que votre coeur essaie de vous dire. Je pense qu’à partir du moment où on s’ouvre à l’art, il n’y a plus de barrières. Tout est possible. » Orphée Okito a choisi d’encourager, pour sa part, les gens à « faire ce qu’ils aiment au moins une fois par semaine. Ça va vous permettre de vous aimer davantage et d’aimer les autres autour de vous. Sinon, on risque de devenir aigris. »

    « Wele Kuaku » de VEEBY. Réalisé par Orphée Lutula Okito.

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