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    Commémoration du 6 décembre 1989 - Zhouhang (Amelia) Dai devient la 9e récipiendaire de l’Ordre de la rose blanche

    6 décembre 2023, 06h20

    Au cours d’une cérémonie empreinte d’émotion que la direction de Polytechnique Montréal décerne, 34 ans après l’attentat antiféministe du 6 décembre 1989, l’Ordre de la rose blanche à Zhouhang (Amelia) Dai, une étudiante en génie engagée en faveur d’une transition énergétique équitable et d’un avenir plus solidaire.

    Commémoration du 6 décembre 1989 - Zhouhang (Amelia) Dai devient la 9e récipiendaire de l’Ordre de la rose blanche Zhouhang (Amelia) Dai. Photo: Polytechnique Montréal

    Diplômée en génie chimique de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), Zhouhang (Amelia) Dai poursuit depuis l’automne 2023 des études doctorales en génie chimique au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Elle y développe une expertise technique en électrochimie pour des applications dans le domaine de l’énergie durable, et elle compte explorer les interdépendances technologiques, sociales, économiques et politiques dans la réponse au défi énergétique mondial.

    L’Ordre de la rose blanche a été créé par Polytechnique en 2014 afin de rendre hommage aux 14 femmes assassinées le 6 décembre 1989 et de poursuivre leurs ambitions. Maintenant assorti d’une bourse de 50 000 $, l’Ordre est décerné annuellement à une étudiante canadienne en génie qui désire poursuivre ses études aux cycles supérieurs dans ce domaine, au Canada ou ailleurs dans le monde.

    Acquérir une expertise technique et promouvoir la diversité et l’inclusion

    La gravité du changement climatique - et la reconnaissance croissante de l’importance de la transition vers des énergies propres pour créer un avenir durable - est ce qui a incité Amelia Dai à se tourner vers l’ingénierie pour trouver des solutions permettant de réduire la différence de coût et d’efficacité entre les combustibles fossiles et renouvelables.

    S’étant fixé l’objectif de développer des énergies renouvelables équitables pour la planète, Amelia Dai a rapidement réalisé qu’atteindre un but aussi ambitieux exigeait non seulement d’acquérir une expertise technique, mais aussi d’inclure la voix des personnes habituellement marginalisées et de collaborer avec les chefs de file de diverses cultures et disciplines.

    Durant ses études de premier cycle en génie chimique et biologique à l’Université de la Colombie-Britannique, Amelia Dai a activement recherché des occasions d’étudier le rôle de l’énergie et de l’ingénierie dans la société sous diverses perspectives, notamment à travers des stages dans des domaines allant des services électriques aux sociétés multinationales, du monde universitaire au secteur industriel, et du développement de procédés en laboratoire à leur mise à l’échelle en usine.

    Elle estime que ces expériences lui ont permis d’approfondir sa maîtrise technique et d’élargir sa compréhension du secteur énergétique mondial. À titre d’exemple, au sein d’un groupe de recherche de l’Université de la Colombie-Britannique, Amelia Dai a étudié les électrolyseurs à membrane à échange de protons pour la production d’hydrogène vert à partir de l’eau, et ses efforts lui ont valu la première place au congrès régional du Nord-Ouest du Pacifique de l’American Institute of Chemical Engineers. Elle a également effectué un stage d’un an au laboratoire de développement de cellules pour batteries Li-ion de Tesla, où elle s’est penchée sur l’optimisation de la conception et de la production des batteries.

    Amelia Dai est sortie première de sa promotion à la Faculté des Sciences appliquées, qui l’a présentée comme l’un de ses éléments les plus prometteurs. En raison de sa motivation pour le travail dans des environnements inclusifs avec des équipes multidisciplinaires, Amelia a été directement admise au MIT afin d’y poursuivre des études de doctorat en génie chimique.

    « Je veux devenir un agent de changement plus efficace en travaillant avec une équipe multidisciplinaire et des chefs de file issus de diverses cultures pour analyser les interdépendances technologiques, sociales, économiques et politiques face au défi énergétique mondial », déclare-t-elle.

    L’engagement d’Amelia Dai en faveur de la diversité et de l’inclusion remonte à son enfance, lorsque sa famille, ayant immigré au Canada, y a été chaleureusement accueillie. Plongée au sein d’une communauté multiculturelle, elle a été encouragée à partager sa culture et à s’intéresser à celle des autres. Cela l’a incitée à occuper un rôle de premier plan dans le développement communautaire tout au long de ses études, ce qui lui a valu de nombreuses distinctions.

    « Les êtres humains sont programmés pour nouer des liens, estime Amelia Dai. Je me suis engagée à être authentique en tout temps et à aider les autres à s’épanouir en affirmant mes valeurs d’apprentissage et de développement communautaire. »

    Après avoir été victime de préjugés de genre et de race, Amelia Dai a voulu travailler à la promotion de la diversité dans les disciplines liées aux STIM. En collaboration avec Women in Engineering, elle a conçu un programme de mentorat destiné aux étudiantes du secondaire et, avec la Volta Foundation, un organisme sans but lucratif soutenant les professionnels du secteur des batteries, elle a mis sur pied des événements visant à promouvoir la justice, l’équité, la diversité et l’inclusion.

    Plaider en faveur de la sécurité est une autre priorité d’Amelia Dai, qui a perdu un mentor irremplaçable à l’Université de la Colombie-Britannique à la suite d’un accident de travail. En mémoire de son mentor, elle a contribué, avec ses collègues et amis, à apporter des améliorations à son milieu professionnel et à la vie de tous les jours.

    « Étant du genre à explorer l’inconnu, à transformer les obstacles en catalyseurs de changement et à éprouver de la gratitude et de l’espoir à chaque étape de la vie, je m’identifie fortement à l’Ordre de la rose blanche, et je crois en l’importance de tirer des enseignements du passé et de rester mobilisée pour créer un avenir meilleur », affirme Amelia Dai,

    Valoriser l’excellence des femmes en génie

    Les roses blanches constituent le symbole des activités de commémoration de la tragédie du 6 décembre 1989. Créé en 2014, l’Ordre de la rose blanche vise à rendre hommage aux victimes ainsi qu’aux personnes blessées, aux familles, au corps professoral, au personnel, aux étudiants et aux étudiantes qui se sont retrouvés au cœur du drame.

    Nathalie Provost, blessée en 1989, et Michèle Thibodeau-DeGuire, première femme diplômée en génie civil de Polytechnique en 1963, sont les marraines de la bourse. Michèle Prévost, professeure titulaire et membre du conseil d’administration de Polytechnique, présidait cette année le comité de sélection de l’Ordre de la rose blanche.

    Le jury, mis sur pied par Polytechnique Montréal, est composé des doyens et doyennes des facultés de génie de l’Université de Calgary, de l’Université McGill, de l’Université Queen’s, de l’Université de Sherbrooke, de l’Université de Toronto et de l’Université de Waterloo. Les critères d’évaluation de la bourse de l’Ordre de la rose blanche reposent sur le dossier universitaire (30 %), les réalisations techniques (35 %) et les réalisations non techniques (35 %).

    « Quelle que soit la discipline dans laquelle nous travaillons, je pense que la responsabilité fondamentale des ingénieurs est d’apporter des solutions scientifiques aux problèmes pour aider durablement la société, ce qui inclut la promotion de l’inclusivité dans le monde de l’ingénierie, pour faire en sorte que la voix des personnes habituellement marginalisées soit écoutée », a indiqué Zhouhang (Amelia) Dai.

    « Une relève solide se prépare. Les lauréates de l’Ordre de la rose blanche symbolisent chacune à leur manière le dépassement et l’audace des femmes dans le domaine du génie, mais aussi un engagement exceptionnel à bâtir un avenir durable et inclusif, a souligné Maud Cohen, directrice générale, Polytechnique Montréal. Leur leadership et leurs réalisations en feront les futures actrices de changement dont notre société a tant besoin. »

    « En honorant la mémoire des femmes remarquables qui ont été mes camarades de classe, l’Ordre de la rose blanche accomplit une mission de préservation et de transmission de valeurs pour l’avenir, a expliqué Nathalie Provost, survivante de la fusillade de 1989, marraine de l’Ordre, et directrice générale de l’Analyse et de l’Expertise du Centre et du Sud du Québec au ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Les parcours d’Amelia et des autres lauréates de l’Ordre sont une source d’inspiration qui encourage davantage de jeunes femmes à choisir les sciences, et à oser réaliser leurs aspirations les plus audacieuses, offrant ainsi un potentiel infini d’avancement pour la société. »

    « L’Ordre de la rose blanche est un événement qui honore l’excellence académique, un avenir prometteur et des contributions exceptionnelles au bien commun, a noté Michèle Thibodeau-DeGuire, marraine de l’Ordre et présidente honoraire du conseil d’administration de Polytechnique Montréal. Cette nouvelle génération incarne l’espoir d’un avenir durable et inclusif pour notre société, et je suis convaincue que ces jeunes talents joueront un rôle crucial dans la résolution des défis à venir. »

    « Les membres du jury ont été impressionnés par les réalisations et la personnalité d’Amelia, a conclu Professeure Michèle Prévost, présidente du jury de l’Ordre de la rose blanche. Pour citer ce qu’ils ont souligné lors de la réunion de délibération, Amelia fait preuve d’une personnalité et d’un parcours vraiment inspirants, associés à un engagement exceptionnel envers la communauté. Son dynamisme académique va changer le monde. »

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