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    Philippe U. del Drago croit aux dialogues entre les arts et les cultures Philippe U. del Drago. Photo: Frédéric Girard

    Philippe U. del Drago croit aux dialogues entre les arts et les cultures

    17 mars 2023, 07h30
         |      Article rédigé par Sophie Bernard     

    Né en France d’un père d’origine sicilienne et d’une mère d’origine polonaise, Philippe U. del Drago explique sa curiosité par son métissage culturel. Enfant, il grandit dans un village qui comptait 2 000 habitants et 3 000 vaches, entre Grenoble et Lyon, « un trou », selon sa propre expression, où la culture avait comme unique vecteur la télévision. Quand il entendait parler de grands musées comme le Louvre, cela le faisait rêver. Les arts et la culture, il les a découverts dans les églises, leur architecture, les tableaux, les sculptures et l’orgue pour la musique.

    Il quitte le noyau familial à l’âge de 17 ans pour aller étudier en mathématiques, tout en faisant le conservatoire de musique en direction de choeur et en chant. Ensuite, pour satisfaire la demande familiale, puisque les immigrants veulent que leurs enfants deviennent avocats, dentistes, chirurgiens, bref qu’ils aient des métiers « sérieux », il fait des études en gestion certes, mais en gestion des arts. « J’ai chanté et dirigé dans pas mal de lieux en France et en Europe, raconte-t-il. J’ai ensuite fait un stage dans le studio de danse de Jean-Claude Gallotta, à Grenoble et j’ai eu un vrai coup de coeur pour la danse. » Il cofonde ensuite un collectif de jeunes artistes en arts numériques, un genre qui en était à ses balbutiements. Il réalise aussi un doctorat en administration avec comme sujet de thèse le marketing du cinéma, s’intéressant plus particulièrement à la façon dont le public anticipe les films avant de l’avoir vu et comment des campagnes sont construites autour des affiches, des créateurs et des comédiens ou encore des extraits de films.

    « Ma carrière semblait assez bien tracée, reconnaît-il. Je devais avoir une job dans une université à Barcelone. J’y ai passé deux ans, puis j’ai voulu découvrir l’Amérique du Nord et j’ai été invité comme chercheur à l’Université Columbia à New York. Puis est arrivé un certain 11 septembre et l’écroulement de deux tours. Tous les visas étrangers se sont trouvés bloqués, mais comme j’avais pris une année sabbatique, je voulais quand même partir. » Il tombe alors sur les écrits du professeur à HEC Montréal François Colbert à propos du marketing des arts et de la culture. Il lui écrit et, deux semaines plus tard, celui-ci l’invite à Montréal. « Je n’avais aucune idée de ce qu’était Montréal, comme beaucoup de Français, s’amuse-t-il à dire. J’imaginais Céline Dion et des ours blancs ! Je suis tombé en amour avec Montréal. C’était il y a 20 ans. » Depuis son arrivée dans la métropole, il continue de donner des cours à HEC.

    Homme d’image plus que de scène, Philippe U. del Drago a ensuite passé 10 ans et 10 mois à titre de directeur du marketing et des communications au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui. Il y a travaillé avec Marie-Thérèse Fortin et Jacques Vézina. « Je venais juste d’arriver au Québec et je ne connaissais même pas le nom de Michel Tremblay, ironise-t-il (ce qui est faux puisqu’il a été directeur des communications sur l’aventure « Belles-Soeurs, théâtre musical », de 2010 à 2013). Le Théâtre d’Aujourd’hui est un centre de création, j’y ai rencontré des personnes de lettres et de mots. Je m’y suis découvert un amour pour le lieu et pour la culture québécoise. »

    En 2008, il fait le programme de production cinématographique de L’inis puis travaille pendant un an et demi chez Normal Studios. Parallèlement, Philippe U. del Drago pratique la photo, réalisant des portraits de centaines de Québécois. Un jour, il entend dire qu’il y avait une possible ouverture au Festival international du film sur l’art et il écrit directement au président du conseil d’administration de l’événement. Y travailler lui permettrait d’allier son amour du cinéma et des autres arts. Il entre en poste en janvier 2018 à titre de directeur administratif et artistique.

    Au moment où il prépare sa sixième édition du FIFA, Philippe U. del Drago réfléchit sur ce qu’il veut insuffler au festival. « En arrivant, je me suis rendu compte qu’il fallait changer les choses en profondeur, ne pas nous trouver dans la continuité, mais dans la rupture, confie-t-il. je voulais que le festival ne soit pas élitiste, qu’il accueille les gens qui aiment les arts sous toutes ses formes, oui, la danse, la sculpture, le théâtre, mais aussi les arts de rue, la cuisine... Je déteste quand les gens pensent en silo, je préfère réfléchir en réseaux. »

    À ses yeux, l’art demeure une expression humaine, les animaux ne faisant pas de l’art consciemment. L’humanité transparaît dans les arts. Évidemment, il faut de la technique et du travail, mais l’expression artistique vient de l’impulsion, il faut que cela sorte en bougeant, en faisant de la peinture, etc. « L’art est ma passion, lance-t-il. Et ensuite, quelque chose se forme et c’est ce processus qui m’intéresse. Qu’est-ce qui fait qu’une personne décide de prendre un outil et de transformer la matière pour en faire quelque chose qui n’a jamais été fait ailleurs ? Cela rejoint la science dans l’idée de la découverte, faire ce qui n’a pas été fait avant. Je crois aussi que l’artiste se plonge dans sa plus grande intimité. C’est là qu’on s’ouvre le plus au monde. L’intimité fait rayonner. » Il donne en exemple « Les Belles-soeurs », un texte très intime, mais qui touche quelque chose que nous avons tous en commun, le matriarcat, la jalousie. La pièce de Michel Tremblay touche aux grandes dimensions humaines et le directeur du FIFA veut transmettre cette passion au plus de monde possible. À ses yeux, le FIFA ne doit pas être élitiste, mais, aujourd’hui plus qu’avant, doit s’ancrer dans l’actualité mondiale et aussi toucher les gens dans leur intimité. Techniquement, cela se traduit par le développement de partenariats, par la volonté d’aller vers les gens et de créer des projets avec eux.

    Grâce à son histoire personnelle et à celle du festival, Philippe U. del Drago croit que la diversité et l’inclusion se trouvent complètement dans les gènes de l’événement. Le directeur artistique s’intéresse à ce qui se fait au Québec, mais, surtout, à ce qui vient d’ailleurs. « Parce que ce qui se fait ailleurs nous enrichit, dit-il. Après, il faut voir comment on aborde cet ailleurs pour avoir un regard sincère et ouvert. Lorsque l’on part en voyage, on le fait dans la curiosité et le risque et on commence à voyager quand on se perd, on se découvre à travers l’autre. Je sens beaucoup cet esprit dans l’équipe du festival. Il ne s’agit pas seulement de cocher des cases, nous l’avons en nous. »

    Philippe U. del Drago veut faire du FIFA un grand rendez-vous du milieu des arts, au même titre que Art Basel, Urban Arts Berlin, le Festival d’Avignon ou encore la Biennale de Venise. « Je veux que le festival fasse partie de ces arrêts obligatoires au cours de l’année, que les gens se disent que, en mars, ça se passe à Montréal », dit-il. Et, pour ce faire, il ne faut pas que le FIFA se limite au festival proprement dit. Il doit être présent tout au long de l’année en créant des occasions de rencontres à Montréal, au Canada et dans le reste du monde. D’ailleurs, c’est sciemment que l’équipe a ouvert le FIFA à davantage de pays. « Nous voulons créer le dialogue entre nous, avec les artistes et les partenaires, mais aussi avec le public, note-t-il. Aujourd’hui plus que jamais, il s’avère important de garder le dialogue ouvert. Le monde va tellement vite, donc il est nécessaire d’assurer une présence toute l’année. »

    Le Québec demeure un endroit très spécial, selon lui. Autant les Québécois possèdent une fierté de ce qu’ils sont, autant ils ont une réelle capacité à s’autoflageller, ce qui vient d’un héritage culturel historique. On se compare aux anglophones, aux Américains, aux Français ou aux Anglais, sans se rendre compte de notre propre identité qui se définit, notamment, à travers les arts et la culture. Cependant, c’est une chose fragile, comme on a pu le voir pendant les années Trump au sud de la frontière ou encore lors du gouvernement conservateur de Steven Harper. Rien n’est acquis. Philippe U. del Drago croit qu’il faut combattre constamment pour défendre cette culture, mais aussi établir un dialogue avec les autres cultures. « Est-ce que nous devons voir l’art et la culture comme uniquement un divertissement pour amener des touristes ou divertir le public après les années de pandémie ? questionne-t-il. Ou est-ce que nous sommes des créateurs de sens ? Devons-nous être porteurs des valeurs du gouvernement et devons-nous devenir des porte-étendards de ces valeurs, ce qui aurait des conséquences notamment sur la liberté d’expression ? Il faut faire extrêmement attention à ces questions. »

    Les festivals de cinéma au Canada et ailleurs passent à travers une période très difficile. Tout le monde le voyait arriver et la COVID a précipité les choses. Or, c’est tout le secteur audiovisuel qu’il faut repenser, estime le directeur du FIFA. Nous sommes en train de perdre les jeunes, de perdre l’espace francophone. Les Québécois doivent se dire qu’ils sont bons, sans toutefois s’asseoir sur leurs lauriers. « Il se passe des milliers de choses au Moyen-Orient, en Asie, en Afrique subsaharienne, en Amérique latine, avance-t-il. Sans tomber dans l’autoréférentiel, on doit rester ouvert au reste du monde. Il ne faut pas se refermer l’esprit, parce que lorsqu’on referme son esprit, on referme les rêves et les ambitions. Il faut regarder ailleurs pour aller plus loin avec les autres. »

    Pour Philippe U. del Drago, le FIFA défend un système économique, social et de création typiquement québécois qui fait sa réussite. Il serait tout à fait différent à Paris, à Rome ou à Dubaï. Le festival demeure profondément ancré dans la culture québécoise. Il faut l’assumer tout en étant ouvert d’esprit et de coeur, sans perdre notre identité, conclut-il.

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