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    Musique à l’écran : les professionnels de l’audiovisuel et de la musique doivent se parler Jérôme Payette, Lucie Bourgouin, Guillaume Lafrance, Louise Lantagne et Dominique Veillet. Photo: Sophie Bernard

    Musique à l’écran : les professionnels de l’audiovisuel et de la musique doivent se parler

    2 février 2023, 07h25
         |      Article rédigé par Sophie Bernard     

    Est-ce que le fait d’inclure de la musique québécoise dans les films d’ici pourrait permettre de mieux faire connaître les talents ? Chose certaine, les industries musicale et audiovisuelle doivent toujours se renouveler, comme l’a souligné Jérôme Payette, directeur général de l’Association des professionnels de l’édition musicale (APEM), en association avec l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision, en préambule d’une table ronde à laquelle ont participé Lucie Bourgouin (Permission), Guillaume Lafrance (Éditorial Avenue), Louise Lantagne (SODEC) et Dominique Veillet (Zone3), lors de la journée « Quand la musique rencontre l’image 2023 ».

    Puisque les deux industries doivent construire l’une et l’autre leur public de demain, elles se doivent de travailler ensemble, souligne la présidente et cheffe de la direction de la SODEC. « On ne s’occupe pas juste de cinéma, mais aussi de musique et de spectacle, de livre, de patrimoine immobilier et de métiers d’art. Nous voulons que les entreprises de contenu rejoignent le public d’ici et à l’international. Il est dans notre ADN de travailler ensemble. » Lucie Bourgouin, ex-présidente de la maison de libération de droits Permission abonde dans le même sens : elle ne peut pas imaginer que les deux secteurs ne puissent pas travailler ensemble. Mais encore faut-il de l’argent de part et d’autre pour ce faire.

    Et utiliser de la musique locale permet de rassembler, ajoute Dominique Veillet. « Pour raconter de bonnes histoires, cela prend beaucoup d’artistes, dit la directrice principale, développement et création fiction de Zone3. Mais, la musique arrive trop tard et avec peu d’argent. Nous nous battons avec des géants. Quand on commence à rêver d’une série, on veut des chansons, mais lorsqu’on part en production, les budgets explosent et il y a moins d’argent pour la postproduction. Plus d’argent permettrait de garder le fort. » Guillaume Lafrance voit un avantage dans le fait que l’industrie québécoise demeure relativement petite ; on peut être proactif. « Nous ne sommes pas, non plus, 50 000. Notre but est de simplifier les choses pour avoir accès à la culture locale, souligne le directeur de la création/licences de Éditorial Avenue. La musique pour les productions audiovisuelles devrait être composée ici parce que nous comptons beaucoup de créateurs. » Surtout que lorsqu’on utilise des chansons étrangères, on ne peut pas faire de rediffusion, précise Louise Lantagne.

    Les producteurs doivent également comprendre comment fonctionne l’utilisation de musiques, et Lucie Bourgouin leur recommande de faire appel à des spécialistes comme elle pour comprendre les nombreux détails. Un fond sonore et un premier plan ne coûtent pas la même chose. Il en va de même entre l’utilisation de 30 secondes ou d’une minute et demie. Mais, rappelle Dominique Veillet, on commence à réfléchir à une production, un an voire deux ans avant même d’avoir choisi un réalisateur. Ensuite, les discussions s’engagent avec les diffuseurs. La musique arrive bien plus tard dans le processus. La productrice de « La faille » et de « Nuit blanche » a eu la chance de bénéficier d’un fonds d’exportation de la SODEC, ce qui lui a permis de dégager de l’argent pour la musique. La première étape devrait être de contacter les éditeurs et de leur demander ce qu’ils possèdent dans leurs catalogues, conseille Guillaume Lafrance.

    Mais quels sont les budgets pour une série ? En France, 4 % du budget global est normalement consacré à l’acquisition d’oeuvres existantes alors que, au Québec, il n’est que de 0,2 à 0,5 %. Or, investir sur la musique peut aboutir à un retour sur investissement. « Les plateformes ont changé beaucoup de choses, note Lucie Bourgouin. Aujourd’hui, il faut prendre les droits à perpétuité. On ne peut donc plus payer que 10 000 $ pour la musique. Il faut que les budgets suivent. Avant, les ayants droits faisaient de l’argent avec des spectacles et de la vente de disques. » « Dans les discussions que nous avons avec les producteurs, nous prenons en compte que si la série a un potentiel international, nous allons libérer les droits pour le monde à perpétuité, ce que nous ne ferons pas pour une série qui restera locale. »

    Grosso modo, pour une série télé, le Fonds des médias du Canada va injecter 50 % des budgets. 25 % proviennent des crédits d’impôt et 25 % des licences des diffuseurs, rappelle Louise Lantagne. La participation de la SODEC demeure très modeste. Elle rappelle aussi qu’au Québec, un épisode coûte de 600 000 à 650 000 $ alors que ce chiffre grimpe à 2,2 millions l’heure au Canada anglais. « Nous voulons penser à l’exportation pour le cinéma, mais aussi pour la télévision, dit-elle. Le producteur identifie la valeur de production ajoutée pour l’international. »

    Plus précisément, pour les projets issus de scénarios originaux, l’investissement de la SODEC peut atteindre un maximum de 500 000 $ pour le financement du devis bonifié du projet.

    Toutefois, pour les projets issus de l’adaptation littéraire d’une oeuvre québécoise ou pour les projets mettant en valeur un minimum de trois oeuvres musicales québécoises existantes, l’investissement de la SODEC peut atteindre un maximum de 750 000 $. Dans ce cas :

    • la portion du montant de la bonification de la valeur de production utilisée uniquement pour l’exploitation et l’extension des droits d’une oeuvre littéraire ne peut dépasser un maximum de 150 000 $ ;
    • la portion du montant de la bonification de la valeur de production utilisée uniquement pour l’acquisition et l’exploitation de droits d’oeuvres musicales québécoises est limitée à 50 000 $ par oeuvre musicale et ne peut dépasser 150 000$.

    Les diffuseurs ont aussi leur part à jouer en prenant des risques, ajoute Louise Lantagne. TVA l’a fait avec « La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé », la série de Xavier Dolan diffusée sur le Club illico. Si un diffuseur croit qu’une série peut avoir du succès à l’international, il doit mettre davantage d’argent, particulièrement pour la musique à l’écran. Parlant de Xavier Dolan, Lucie Bourgouin tient à remettre les pendules à l’heure : contrairement à ce que celui-ci a décrié, il s’avère plus facile de libérer les droits d’une chanson québécoise que d’une chanson étrangère. Et puis, il y a des choix à faire. Tout a un coût : les locations, les cachets des acteurs, le respect des conventions collectives. Ainsi, pour « M’entends-tu ? », l’argent a été mis sur la musique et non sur les effets visuels, souligne Dominique Veillet.

    De ce panel fort intéressant est ressorti le besoin des deux industries de se parler. « Nous, comme éditeurs, nous savons quels bands sont en chicane, lance Guillaume Lafrance. Nous connaissons nos catalogues. Il faut que nous nous parlions davantage. On ajuste d’ailleurs nos tarifs pour les formats courts et les documentaires. »

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