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    I+N@PHIxFMC/CMF : La série queer « Sugar Highs » : sexualité décomplexée, argent et solitude

    1er décembre 2022, 07h30
         |      Article rédigé par Yves Tremblay.

    Lors de la 35e édition du festival Image+Nation, Mathieu Chantelois, premier vice-président, marketing et affaires publiques à la direction du Fonds des médias du Canada (FMC), a animé une table ronde autour de la série télé canadienne queer « Sugar Highs », écrite et réalisée par Thom Fitzgerald. À l’occasion de la sortie de la deuxième saison, la discussion a porté sur le casting, les thèmes décomplexés et les particularités de cette série qui lève le voile sur un marché entre des jeunes hommes sans le sous et des personnes moins jeunes plutôt seules à San Francisco. En plus du scénariste et réalisateur de cette série offerte sur la chaîne OUT.tv (également canadienne), les acteurs Joey Beni et Adam Fox étaient présents au centre PHI le temps de quelques échanges.

    I+N@PHIxFMC/CMF : La série queer « Sugar Highs » : sexualité décomplexée, argent et solitude Mathieu Chantelois (FMC), Thom Fitzgerald, Adam Fox et Joey Benni.Photo: Yves Tremblay

    D’origine américaine et vivant à Halifax depuis longtemps, Thom Fitzgerald a réalisé de nombreux films queer canadiens, comme le documentaire-comédie « Beefcake » (1999), « The Event » (2003) et « 3 Needles » (2005), qui abordaient tous deux la crise du SIDA, ainsi que « Cloudburst » (2011), tiré de sa pièce de théâtre à succès du même nom, ou encore le film « Stage Mother » (2020), pour ne nommer que ceux-là. Sa série « Sugar Highs », soutenue par le Fonds des médias du Canada (FMC), propose une deuxième saison qui comporte 12 épisodes de 20 minutes.

    Ne parvenant pas à payer leur loyer avec de petits boulots inintéressants, trois colocataires de San Francisco en viennent à vendre leurs services personnels via une application de rencontre entre jeunes gens et personnes plus âgées. Des « sugar babies » y trouvent ainsi leur « sugar daddy » ou leur « sugar mama » et vice-versa, selon des arrangements de diverses natures. Le cinéaste confie ne pas avoir profité de ce type de commerce pour payer ses études. Il aurait cependant vécu une longue relation avec un homme beaucoup plus âgé que lui à partir de l’âge de 17 ans, ce qui lui confèrerait une certaine expérience de ce genre de relation. Il souhaitait avec cette série télé parler de cette culture qu’il a observée dans le monde, autour de l’économie et de l’habitation, de ce que vit aujourd’hui la jeune génération.

    Mathieu Chantelois (FMC), Adam Fox, Joey Benni et Thom Fitzgerald. Photo : Yves Tremblay.

    Thom Fitzgerald a situé son histoire à San Francisco car ce marché n’existe pas réellement à Halifax, particulièrement chez les queers. Cela n’aurait pas été réaliste selon lui. Par contre, les deux villes se trouvent sur des collines, contiennent de nombreuses vieilles maisons victoriennes et des manoirs, et sont toutes deux portuaires et entourées de ponts. Par conséquent, elles se trouvaient bien assorties pour un tournage dans la ville canadienne des Maritimes. Le réalisateur croit que l’action aurait aussi bien pu se passer à Seattle ou à Montréal.

    Réalisées au plus fort de la pandémie, les auditions se sont déroulées via des démos de jeu concoctés par les aspirant·e·s aux rôles elleux-mêmes, une façon de faire qui aura probablement fait l’affaire des comédien·ne·s puisqu’elle permettait d’envoyer la meilleure prise au réalisateur. « Nous avons reçu un total de 300 démos au total pour jouer les « sugar babies », raconte Thom Fitzgerald. Ce qui est peut-être intéressant et nouveau, c’est que pratiquement tout le monde voulait jouer le personnage [homosexuel] de Bud. Ce que je remarque, c’est que dans les années 1990, personne ne voulait jouer des rôles gays, parce qu’on pensait que ça pouvait nuire à sa carrière. Puis, vers 2000 ou 2010, tout le monde voulait jouer des personnages gays. C’était la chose hot à faire, la chose risquée, gratifiante. Maintenant, personne ne veut jouer les gays à nouveau, parce qu’on ne veut pas prendre la job d’un vrai homosexuel ! Seulement 75 acteurs se sont proposés pour jouer le vrai homo en fait. Pour le rôle pan-sexuel, apparemment pas beaucoup de gens s’identifient à cela, avons-nous également constaté ». L’acteur de Vancouver Adam Fox, qui joue le rôle du personnage gay, précise qu’après une première sélection, une rencontre interactive a tout de même eu lieu via Zoom.

    « Ce qui m’a amené à ce rôle, explique Adam Fox, c’est le film d’Atom Egoyan "Chloé" [un thriller érotique de 2009]. J’étais très excité par le contenu, et depuis, je m’intéressais à l’univers du travail du sexe, des escortes. Je ne l’ai pas fait personnellement, mais plus tard à l’école dramatique de New York où j’ai étudié, il y avait probablement là le plus haut pourcentage aux États-Unis d’usagers "sugar babies" recherchant des arrangements. J’ai l’impression que ç’a toujours été autour de moi, alors quand j’ai eu la première audition, c’était trop beau pour être vrai. Quand j’ai lu le texte pour la première fois, c’était juste très simple et agréable. »

    Mathieu Chantelois tient à souligner l’importance et la qualité d’une autre oeuvre de Thom Fitzgerald, « The Hanging Garden », très importante selon lui dans la cinématographie queer canadienne. Aux auditions, personne ne s’était d’ailleurs présenté pour jouer les personnages d’adolescents gays pour ce film qui se déroule à Halifax. C’est entre autres ce qui explique pourquoi le personnage principal joue son rôle à la fois à l’adolescence et à l’âge adulte. Le réalisateur mentionne au passage que la façon dont les organismes, Téléfilm Canada et certaines compagnies comme les Cinémas Odéon, entre autres, ont en 1997 supporté le film, tout en évitant de faire référence au personnage gay, y compris du côté du marketing. L’expérience avait vraiment laissé l’impression au cinéaste que d’étranges décisions étaient prises. « Cependant, c’était aussi l’époque où est sortie la comédie de situation "Will & Grace", donc les choses ont pris un certain tournant à ce moment-là. Avant cela, les séries télévisées queer apparaissaient impossibles à réaliser. Il n’y avait rien alors qu’aujourd’hui, tout le monde aime la télévision, et tout le monde travaille à la télévision. J’ai eu l’opportunité de raconter nos histoires de façon plus élaborée. C’est très satisfaisant artistiquement. Nous venons juste de terminer le tournage de la saison 2 de "Sugar Highs" il y a trois jours et la saison 3 est toute planifiée. En plus, je m’apprête à tourner mon premier film d’horreur queer dans deux mois. L’histoire se déroule dans les années 1960 dans un institut psychiatrique, à l’aile de thérapie de conversion. « L’aile est pleine d’homme gays des années 1960 qui tentent de devenir hétéros par la thérapie des électro-chocs. Et comme si l’institut n’était pas assez terrifiant, le lieu est également hanté ! »

    Interrogés sur les nombreuses scènes explicites et jusqu’où vont les acteurs dans leur rôle – en plus de fumer nombre de (faux) joints –, les comédiens blaguent et racontent qu’ils ont notamment appris que chacun embrasse bien (good kissers). Adam Fox signale que, par rapport à d’autres acteurs plus âgés que lui, qu’il devait embrasser, il se sentait responsable d’installer un climat de confiance. « En fait, j’ai eu l’impression que ce sont plutôt les acteurs plus âgés qui semblaient parfois être moins confortables que moi [à embrasser], donc je prenais un peu le rôle de les rassurer, de les faire sentir à l’aise, dans le respect. Sinon je crois qu’au début de la saison 2, mon personnage est plus désespéré, et je trouve qu’il est à son meilleur dans cette situation alors ç’a bien marché », rajoute-t-il. « Je me sens très chanceux que mes partenaires de jeu avaient un bon sens de l’humour et étaient cool, rajoute Joey Beni sur le même sujet. Nous avons juste eu du plaisir à tout faire. Ils étaient vraiment bien, environ une vingtaine de personnes en tout. Quand vous tournez des scènes de baiser ou plus intimes encore, ça devient assez technique, alors tu veux juste un·e bon·ne partenaire, qui va aller avec le flow. Dans la saison 2, mon personnage se trouve dans une situation plus difficile et vulnérable, ce qui était génial et un défi à jouer. On ajoute bien sûr un peu d’improvisation, ce que j’ai beaucoup fait en formation auparavant, mais Thom [Fitzgerald] rectifie le tir à l’occasion aussi, évidemment ». Le réalisateur ajoute enfin que chaque personnage ira au cours de ces prochains épisodes beaucoup plus loin que sa propre orientation sexuelle...

    L’artiste d’Halifax témoigne en outre avoir été fasciné par l’évolution de la morale sociale. « J’ai 54 ans aujourd’hui et tout a changé au cours de ma vie, l’expérience queer n’est plus du tout la même. Je suis absolument étonné de constater comment la jeune génération a recours aux relations et au sexe. Et leurs problèmes sont très différents des problèmes que j’avais quand j’étais au collège. Personnellement, je pouvais travailler au salaire minimum et me payer un appartement sur Manhattan ! On semble revenir à une époque où, d’une certaine manière, lorsqu’une jeune femme devenait adulte, par exemple, elle se mariait souvent à un homme plus âgé, d’une quinzaine ou d’une vingtaine d’années parfois. C’était commun, la façon dont les choses fonctionnaient souvent, puisqu’il était établi et faisait de l’argent. Ça donnait la possibilité de fonder une famille. Je suis fasciné du fait que, d’une certaine manière, quelque chose du passé, très traditionnel et conservateur revienne. Certes, cette approche a en quelque sorte évolué, d’une façon différente, par le côté mercantile des personnages, comment ils considèrent les autres, et leur manière d’arriver à leurs fins. Je pense que c’est une grande comédie et qu’il y a des leçons à en tirer, sur la façon dont les gens entrent réellement en relations, comment les gens tirent parti les uns des autres. C’est ce qu’on explore dans la série. »

    L’acteur Adam Fox croit enfin que l’auditoire va probablement reconnaître des gens de son entourage qui vivent ce type de relations « Même les gens qui ne connaissent pas réellement ce milieu, on ne réalise pas le nombre de personnes qui ont besoin d’amour et le nombre de personnes qui ont besoin d’argent. Il s’agit juste d’une chose mutuellement bénéfice en fait ».

    Sans tabou ni jugement, « Sugar Highs » dépeint une génération où tout le monde fait ses trucs, volontairement, et parle et vit sa sexualité de façon cool, transparente et rafraîchissante. Selon le réalisateur, la nouvelle orientation « Gay-For-Pay » serait d’ailleurs bien là pour rester.

    Les réactions à la série semblent excellentes jusqu’à maintenant, ce qui lui assurerait une potentielle longue vie.

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