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    L’Université de Sherbrooke publie une étude sur l’écoanxiété

    8 novembre 2021, 09h55

    Si la pandémie pèse lourd sur la santé mentale des Québécoises et des Québécois, les changements climatiques engendrent de leur côté de hauts niveaux d’écoanxiété. Qu’on s’inquiète pour le futur de l’humanité ou parce qu’on vit déjà personnellement les conséquences des changements climatiques, les impacts psychosociaux sont réels.

    L’Université de Sherbrooke publie une étude sur l’écoanxiété Paysage.Photo: Michel Caron UdeS

    C’est ce qui ressort d’une étude de l’Université de Sherbrooke menée en octobre auprès de plus de 10 000 personnes et qui a permis d’examiner l’état d’esprit actuel de la population québécoise à l’égard des deux grandes crises que nous traversons et les impacts psychosociaux qui en résultent. Selon l’équipe de recherche multidisciplinaire pilotée par la professeure Mélissa Généreux de la Faculté de médecine et des sciences de la santé, plus les gouvernements tardent à agir sur les changements climatiques, plus les impacts psychosociaux sont grands.

    Le professeur Gabriel Blouin-Genest de l’École de politique appliquée participe à cette recherche. Pour lui, les résultats de l’enquête d’octobre révèlent aussi qu’avec la pandémie « nous n’avons pas assisté à une mise de côté des préoccupations environnementales. Bien au contraire, les Québécoises et les Québécois sont plus que jamais inquiets des enjeux environnementaux, puisque ceux-ci les affectent directement ».

    Des effets qui pèsent déjà sur la majorité

    Dommages matériels, pertes financières, problèmes de santé… les perturbations liées aux changements climatiques sont bel et bien ressenties à l’heure actuelle par une majorité de personnes provenant de toutes les régions du Québec, soit plus de 6 adultes sur 10. Qui plus est, les impacts se font davantage sentir auprès des populations vulnérables, comme les gens sans emploi. Certains types de travailleurs, comme les agriculteurs, figurent parmi les groupes souffrant le plus de pertes financières liées aux changements climatiques.

    Pas moins de 43 % des personnes ayant subi des pertes financières engendrées par les changements climatiques rapportent aujourd’hui des symptômes de dépression majeure, une proportion 2,5 fois plus élevée que dans l’ensemble de la population.

    Plus fréquents qu’on ne le pense, les problèmes de santé occasionnés par les changements climatiques – chaleur, smog, tiques, herbe à poux, etc. – semblent jouer un rôle important dans le développement de troubles de santé mentale. Quelque 28 % des personnes ayant vécu par le passé des problèmes de santé causés par ces bouleversements rapportent présentement des symptômes modérés ou sévères de dépression majeure, une proportion 60 % fois plus élevée que ce que l’on observe dans la population générale.

    L’avenir de l’humanité inquiète

    Au Québec, c’est la première fois qu’on mesure sur un large échantillon le phénomène de l’écoanxiété. Son ampleur se trouve largement exacerbée par les changements climatiques, alors que 19 % des adultes sondés ont exprimé s’être sentis souvent ou presque toujours inquiets à propos du futur de l’humanité.

    En plus d’être les plus touchés par la pandémie sur le plan psychologique (40 %), les jeunes adultes (18-24 ans) sont grandement affectés par les changements climatiques. Près de la moitié d’entre eux (49 %) ont exprimé avoir ressenti au moins une manifestation d’écoanxiété au cours des deux dernières semaines, comparativement à 26 % pour l’ensemble de la population.

    Ces résultats n’étonnent pas la professeure Mélissa Généreux : « Ces données sont cohérentes avec le fait que ce sont les jeunes qui vivront principalement les conséquences des changements climatiques. »

    Une majorité prête à changer

    Plus de la moitié de la population se dit prête à apporter plusieurs changements à son mode de vie afin de contribuer à la lutte contre les changements climatiques.

    Cette proportion se révèle encore plus marquée chez les personnes :

    • ayant déjà vécu des perturbations liées aux changements climatiques, comme des inondations et des tornades ;
    • ayant une idéologie politique de gauche ;
    • faisant confiance aux autorités ;
    • les mieux informées.

    Le niveau et le type d’information semblent également des facteurs déterminants dans l’adoption de comportements favorables à la lutte contre les changements climatiques. Celles et ceux qui se disent très informés au sujet des changements climatiques seraient paradoxalement deux fois plus sujets à l’écoanxiété. Ce constat pourrait s’expliquer par le fait qu’ils remarquent davantage l’absence de réels changements mis en place malgré la présence de l’urgence climatique, ce qui favoriserait l’émergence de manifestations anxieuses.

    « Ces résultats démontrent bien l’importance de l’information, autant sur la réalité des changements climatiques, ce qui peut dans certains cas favoriser une forme d’écoanxiété, que sur les actions et comportements permettant de faire face à cette réalité, de s’y adapter et de proposer des solutions », explique le professeur Gabriel Blouin-Genest.

    Agir pour préserver la santé

    Les résultats de l’enquête démontrent que la pandémie n’a fait que renforcer la valeur qu’accordaient déjà les Québécoises et Québécois à la santé et au bien-être. La vaste majorité d’entre eux, en particulier les jeunes adultes, est consciente du lien entre la santé et les changements climatiques. Pour 57 % des répondantes et répondants, une lutte efficace contre les changements climatiques se doit d’inclure la dimension santé dans les mesures ou les politiques mises en place.

    « Agir sur les changements climatiques permettra non seulement de préserver la santé mentale des Québécoises et Québécois, mais également de préserver leur système de santé. Les événements météorologiques extrêmes sont responsables de troubles mentaux pouvant durer des mois chez bon nombre de sinistrés », mentionne professeure Mélissa Généreux, chercheuse principale de l’étude.

    44 % des sinistrés rapportaient des symptômes de stress post-traumatique probable huit à dix mois après les inondations printanières de 2019 au Québec.

    Le fardeau de la pandémie vient accentuer la détresse qui se vit, alors que des symptômes d’anxiété ou de dépression probable sont actuellement observés chez un adulte québécois sur cinq, avec des niveaux encore plus élevés chez ceux et celles ayant en outre vécu des perturbations liées aux changements climatiques.

    « La pression supplémentaire occasionnée par la superposition des deux crises risque de fragiliser encore plus le système de santé québécois, déjà affaibli dans le contexte de la pandémie. Alors que les ressources en santé mentale sont déjà limitées et en grande demande, le cumul de risques engendrera des impacts majeurs sur toutes les sphères, notamment l’économie et le système de santé », s’inquiète Mélissa Généreux.

    En somme, les résultats de cette enquête démontrent toute la pertinence – et l’urgence – de positionner rapidement la santé au cœur de la lutte contre les changements climatiques. Plus on tarde à agir, plus les impacts psychosociaux découlant des perturbations causées par les aléas climatiques, l’écoanxiété et autres dommages collatéraux de la pandémie seront grands, dans un contexte où la santé et le bien-être des Québécoises et Québécois se trouvent de surcroît déjà lourdement mis à l’épreuve.

    Cette enquête a été effectuée dans le cadre du projet « Adaptation aux changements climatiques au Québec : Comment mieux communiquer et favoriser l’engagement de la population en contexte pandémique ? », issu d’un partenariat entre Ouranos, la Direction de santé publique de l’Estrie, l’Institut national de santé publique du Québec et des chercheuses et chercheurs provenant de plusieurs établissements universitaires.

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